Thérapeutique élémentaire (médecine Islamique) : l'essentiel

Publié le 14/10/2020 par Julien Yahya Barbe 1

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La thérapeutique élémentaire est une science opérative avancée dans le cortège des sciences islamiques. Plus précisément, elle est une discipline au sein de la médecine islamique. Son objectif est simple : répondre aux problématiques de santé de notre temps en proposant des solutions, efficaces, accessibles et économes, touchant à la réalisation positive de l’homme et de la femme.

En recentrant l’attention sur l’être humain, son rôle, sa responsabilité, la façon dont il investit son quotidien, elle met en lumière l’impact de son mode de vie sur sa santé et notamment sur ses facultés de préventions et d’autoguérison innées. Pour se faire, elle définit de façon extrêmement précise la nature profonde de ces facultés et fournit un ensemble de mesure et d’outils décrits par Dieu Lui-même dans Son Livre Saint : le Coran, afin d’en libérer le potentiel. Il s’agit essentiellement de « soulouk », c’est-à-dire de comportements ou d’attitudes que doivent embrasser les hommes et les femmes au quotidien afin de développer un art de vivre compatible avec le développement et le maintien d’un bon équilibre physiologique, psychologique et spirituel.

Elle apporte un regard nouveau et rafraîchissant sur la question de la santé, par un travail de vigilance quotidien que chacun doit entreprendre dans les différentes sphères de sa vie. En ce sens, la thérapeutique issue de la médecine islamique implique la participation des êtres humains par leur responsabilisation. Elle n’a pas pour objectif de développer un langage hermétique et inaccessible, ni de promouvoir l’assistanat. En effet, de son point de vue, la maladie n’est pas le fruit du hasard, mais elle est une école de la vie, un signal d’alarme lancé par le corps pour attirer l’attention sur un aspect de la nature humaine qui a été négligé du fait d’une habitude ou d’une activité indésirable.

Parce que le laisser-aller et un mode de vie toxique ne peuvent pas produire un individu sain, ni un bon état de santé, ni une santé durable, la thérapeutique élémentaire éprouve le mode de vie de chacun et confronte ses hautes aspirations avec la réalité de son quotidien.

Enfin, la thérapeutique issue de la médecine islamique est ouverte à toutes et à tous, sans distinction de foi ou de confession, mais une partie de ses outils ne peut être investie que dans le cadre de la relation explicite et assumée qu’entretient un individu avec Dieu.

 

Introduction

La maladie et la guérison sont des sujets très vastes qui dépassent de loin le cadre des individus et de la vie personnelle. Certes chacun est éprouvé dans sa vie de différentes façons, et la question de la maladie et de la guérison intervient ponctuellement, le plus souvent lorsque surviennent des problèmes de santé. Or, au-delà des difficultés personnelles, c’est un sujet de société global qui interroge nos modèles de vies, nos principes, nos aspirations et qui nous plonge au cœur de la responsabilité humaine dont dépend l’équilibre de l’univers tout entier.

Au sein de la Création, l’Homme est une créature à part. Notamment, il se distingue des autres créatures par l’impact de ses choix et de ses décisions, et par les dégâts qu’il provoque : guerres à répétition, destruction de son milieu de vie, maltraitance des animaux, tortures financières, indéniablement l’Homme est l’auteur et le responsable du chaos et du désordre actuel.

De fait, la question de la maladie et de la guérison soulève la question de l’Homme, et de ce qu’il souhaite être pour les autres, à savoir : un poison ou un remède. Elle remet en cause la manière dont chacun investit son quotidien, et nous renseigne sur l’impact de chacun de nos choix, sur notre bien-être et notre santé, et par extension, sur l’équilibre de nos sociétés et sur l’équilibre du monde.

Le 4ème pilier de la Religion, as-Sa3ah « l’Heure », nous précise également que la destruction du monde passe par la destruction de la conscience spirituelle humaine. Ce processus s’identifie aujourd’hui par un mode de vie délétère promu et apprécié par des sociétés entières d’individus fantômes, incapables de dire qui ils sont, ni où ils vont. Mode de vie, combien de fois incompatible avec l’établissement d’une bonne santé, et combien de fois responsable de l’apparition de maladies toujours plus graves et plus complexes.

Ainsi, la thérapeutique tirée de la médecine islamique est une science traditionnelle vivante visant la réhabilitation des hommes et des femmes, par une attention recentrée sur la morale et sur l’éthique comme moyen d’accomplissement et de guérison naturel accessible immédiatement et gratuitement. Elle définit clairement et précisément des modalités extrêmement précises touchant à la réalisation positive de l’homme et de la femme. Elle nous éclaire sur ce que nous avons à faire pour vivre mieux et améliorer notre quotidien de quoi dépend notre santé, notre équilibre et notre bien-être. En effet, les attentes de Dieu sur les hommes et les femmes forment un programme positif qui conduit à la réussite des individus, de la nation et de la civilisation puisque Dieu ne veut que le bien de Ses créatures. Quel que soit la réputation aujourd’hui qu’on puisse faire à l’Islam ou à Dieu lui-même, nous sommes là dans une perspective positive de restauration des objectifs positifs de la Tradition.

 

Science traditionnelle et science moderne

La thérapeutique tirée de la médecine islamique est différente de la thérapeutique moderne tant sur le fond que sur la forme, il n’est donc pas pertinent de chercher à les comparer outre mesure. L’essentiel étant que, la thérapeutique élémentaire est une science accessible et claire qui définit de manière extrêmement précise les facultés profondes de prévention et d’autoguérison innées de l’être humain, à partir de quoi elle identifie l’origine des maladies et renseigne sur les méthodes pour y remédier. Alors que la médecine moderne est essentiellement symptomatique, c’est-à-dire qu’elle s’attaque au symptôme dominant d’une maladie, plutôt que de s’interroger sur les causes de son apparition.

Les sciences traditionnelles forment un tout cohérent qui plonge l’individu et le collectif au cœur de la doctrine. En aucun cas une science traditionnelle ne peut venir en contradiction avec le reste du logiciel islamique, mais elle vient enrichir sa compréhension en approfondissant certains de ses aspects. Ainsi, la thérapeutique élémentaire nous apporte un éclaircissement supplémentaire sur le vivant, et apporte des outils pertinents pour répondre aux problématiques de santé du temps.

 

Concernant le vocabulaire utilisé

Élémentaire
Le mot « élémentaire » exprime le caractère premier, fondamental et indispensable de la méthode utilisée pour définir l’objet, la discipline ou les outils de la discipline concernée. Cette définition trouve sa source dans la Tradition, et plus précisément dans les deux procédés fondamentaux par lesquels l’humanité a pu accéder à l’érudition : la Prophétie et la Révélation, à la fois vecteurs de cohésion sociale et de projections scientifiques.

Qualités et Soulouk
L’islam détermine 29 qualités fondamentales que doivent travailler les hommes et les femmes afin de développer un art de vivre respectueux et responsable. Il s’agit là des conditions essentielles à l’établissement de leur propre bien-être, de leur propre équilibre et du bien-être des autres créatures qui subissent l’impact de leurs décisions. La thérapeutique élémentaire s’intéresse plus particulièrement à la question de la maladie et de la guérison, et aux facultés de prévention, d’autoguérison et de soin naturellement présentes chez les êtres humains. Ces facultés relèvent directement du comportement de l’être humain et de certaines qualités précises qu’il doit acquérir. L’absence d’une de ces qualités provoque un déséquilibre manifeste qui fragilise sa condition et engendre une incapacité à se protéger de la maladie ou à en guérir.

Identifier la présence ou l’absence de ces qualités chez un individu permet d’établir un diagnostic précis de son état de santé et de définir un programme d’amélioration de sa condition, adapté à sa situation.

 

L'autosuggestion

L’autosuggestion est une technique ancienne de développement personnel qui exploite la capacité d’un individu à transformer une croyance en réalité par la persuasion, la visualisation, la concentration et la répétition. C’est-à-dire qu’un individu est capable de transformer la matière du fait de sa volonté.

Cette technique est utilisée dans des domaines très différents tels que la médecine pour faciliter un processus de guérison ou le sport pour repousser les limites des sportifs. Quoi qu’il en soit, l’autosuggestion met en mouvement des forces cachées pour transformer significativement l’état d’un être humain, mais nul n’a réellement été en mesure d’en expliquer le fonctionnement.

La thérapeutique élémentaire justement, définit de manière extrêmement précise les mécanismes de l’autosuggestion en charge de protéger ou de restaurer la santé des individus, ceci, car l’être humain possède en lui toutes les clés de sa réussite. Ce sont ces mécanismes qui sont au cœur de la thérapeutique élémentaire.

L’autosuggestion intervient également dans des domaines connexes, comme la pharmacologie, où l’intention du pharmacien, en charge de préparer des médicaments, influence fortement la matière qu’il manipule.

 

Le système immunitaire élémentaire

Chez l’être humain, le système immunitaire élémentaire est un système de défense complexe capable d’agir sur la matière (notamment sur le système immunitaire biologique), et dont l’efficacité dépend de son comportement, de sa manière d’être, de penser et d’agir. Plus un individu entreprend un travail sur lui-même, plus il aiguise ses sens, sa perception, sa concentration, et plus son système immunitaire élémentaire sera stable et efficace.

Le système immunitaire élémentaire est composé de deux parties distinctes :

La première partie concerne la maladie. Elle est en charge d’assurer la défense, de maîtriser les attaques, de maintenir l’équilibre de l’organisme et d’empêcher une maladie de se développer. L’analyser permettra deux choses :

  • Si l’individu est malade il sera possible de comprendre quels manquements ont permis le développement de sa maladie, faisant de la maladie un tremplin pour améliorer ce qui doit l’être.
  • Si l’individu est en bonne santé il sera possible de diagnostiquer l’état de son système de défenses, et au besoin, de le renforcer par des activités précises.

La deuxième partie concerne la guérison. Elle est en charge d’assurer la guérison en cas de maladie. Elle détermine l’efficacité des fonctions d’autoguérison présentes dans chaque partie du corps humain. Par extension, c’est elle qui détermine les facultés de guérison qu’exerce un médecin sur son patient.

 

Le malade

Est considéré comme malade toute personne souffrant de troubles conscient ou inconscient, l’empêchant d’accomplir correctement ses tâches quotidiennes. Bien sûr, la Tradition invite chacun de nous à s’interroger sur son état de santé et sur son mode de vie avant que n’apparaisse une maladie, faisant de la prévention un enjeu au cœur des préoccupations quotidiennes.

En effet, l’être humain qui souhaite développer une bonne santé doit développer une bonne hygiène de vie accompagnée d’un travail sur lui-même scrupuleux, comme nous le verrons plus loin. Pour cela, il peut revenir aux outils de la Tradition, et demander un bilan complet de sa situation à partir de quoi il pourra identifier ses forces et ses faiblesses, et définir une feuille de route (avec l’aide ou non d’un professionnel de santé) pour faire de demain un jour meilleur qu’aujourd’hui.

 Nous recommandons un bilan de la situation du malade avant une consultation par un professionnel de santé, afin que ce dernier puisse extraire les différents leviers sur lesquels il pourra travailler avec son patient. Nous recommandons également un test psychologique afin de déterminer l’état d’esprit du malade, car nous distinguons deux catégories de malades :

  • Celui qui se met en condition pour favoriser le travail de tous les acteurs de sa guérison.
  • Celui qui, au contraire, entrave tout processus de guérison par son mauvais état d’esprit, son fatalisme et son repli sur lui-même.

Travailler l’état d’esprit du patient, le mettre en confiance, solliciter sa participation, font parties intégrantes du travail de médecin qui souhaite guérir son patient. Du point de vue traditionnelle, la maladie est à considérer comme un support de progression qui attire notre attention sur un enjeu précis, et non pas comme une entrave dont il faut s’affranchir passivement.

 

Le médecin, le guérisseur et la guérison

La thérapeutique élémentaire insiste sur le rôle primordial du médecin ou du guérisseur dans le processus de guérison. Sa fonction ne se limite pas à administrer des médicaments comme le ferait un robot mais à traiter avec du vivant en prodiguant des soins de qualité, ce qui implique de sa part d’être acteur dans le processus de guérison.

En effet, la capacité du médecin à mobiliser les forces de son autosuggestion impacte significativement le processus de guérison de son patient. Bien au-delà de ce qui est connu aujourd’hui, avec les magnétiseurs ou les coupeurs de feu, l’être humain a la faculté de guérir celui qu’il touche ou celui qu’il voit. La formation du médecin traditionnel l’oblige donc à polir certains aspects de son comportement intrinsèquement liés au bon développement de ces facultés. Il doit, entre autre, purifier son intention, apprendre à la canaliser et à la projeter sur son patient pour la rendre réalité.

La médecine islamique est une vraie vocation nourrit par un désir réel d’être au service de l’autre. Un individu ne peut être un professionnel de santé s’il ne porte aucun intérêt pour la guérison de ses patients ou si son comportement entre en contradiction avec l’état d’esprit de la profession. Il est un être humain qui traite avec du vivant. La guérison n’est pas un processus chimique se produisant indépendamment du malade et du médecin, mais un processus alchimique où le bon cœur de l’un et de l’autre catalyse un processus naturel autour d’un objectif commun.

Le malade n’a pas besoin d’un bon médicament, mais il a besoin d’un bon médecin. Et pour soigner, ce bon médecin doit lui-même être un remède. Le médicament intervient au second plan pour appuyer les facultés de l’un et de l’autre. On peut résumer le processus alchimique de guérison avec le schéma suivant :

 

Dans la majorité des cas l’autosuggestion du médecin sera supérieure à celle du malade. On parlera d’autosuggestion dominante. Grâce aux outils de la thérapeutique élémentaire, le médecin sera en mesure d’accomplir son rôle d’accompagnateur en ciblant les carences de son patient et en lui proposant des solutions.

 

Immunité et prévention

Dieu dit :

« وَإِذَا مَرِضْتُ فَهُوَ يَشْفِينِ »
« Quand je suis malade c’est Lui qui me guérit »
Le Coran sourate 26 verset 80

Le système immunitaire élémentaire est composé de deux parties distinctes : la première concerne la maladie et la deuxième la guérison.

Etudier et analyser la première partie permet de comprendre les origines de la maladie et les mécanismes de prévention. L’être humain possède naturellement, en lui-même, le potentiel de prévenir toutes les maladies. Si une maladie venait à émerger, se serait le signal qu’une partie de ce potentiel n’est pas développé ou bien que l’équilibre de la personne est fragile.

La maladie n’est donc pas à considérer comme une anomalie vide de sens dont il faut s’affranchir passivement. Elle est une école de la vie, un signal d’alarme lancé par le corps pour attirer l’attention sur un aspect de la nature humaine qui a été négligé du fait d’une habitude ou d’une activité indésirable.

Avec la science des lettres et des lumières, nous pouvons extraire du Coran le mot clé sacré « maladie ». Chaque lettre du Texte Saint, en arabe coranique, agit comme un projecteur sur une qualité attendue des hommes et des femmes, et cet éclairage nous permet d’établir une explication sûre et hors de polémique du vivant et plus particulièrement ici des mécanismes de la maladie.

La prévention de la maladie repose sur 4 soulouk ou 4 qualités que doivent travailler hommes et femmes s’ils souhaitent maintenir un bon état de santé et de bonnes défenses naturelles. L’apparition d’une maladie indique qu’une brèche s’est formée dans l’équilibre résultant normalement de l’effet de ces 4 qualités. Ainsi, il est recommandé au professionnel de santé d’établir un diagnostic de ces 4 qualités chez son patient avant toute consultation.

Chaque qualité nécessite un peu de réflexion et de méditation pour être appréhendée. Afin de faciliter ce processus nous allons illustrer chacune d’elle par des exemples de comportements associés/opposés à la qualité étudiée.

Attention : l’ordre des qualités est important. Par exemple, la qualité n°2 ne peut être présente chez un individu que si la qualité n°1 est déjà solidement établie dans ses habitudes. En ce sens, la qualité n°2 est à considérer comme érigée dans le prolongement de la qualité n°1.

 

Qualité 1/4 : le bien continue
Chaque être humain sait intuitivement que le bien ne peut générer que du bien, et le mal que du mal. « Le bien continue » est une invitation à revenir à ce qui est naturellement bon et bien, et à délaisser le mal, car le bien est fertile et l’être humain qui se l’approprie récoltera les fruits de ce qu’il aura semé. Alors que le mal est stérile et ne produit rien en dehors du chaos, du déséquilibre et du désordre.

L’Homme doit choisir ce qu’il veut voir grandir en lui. Une mauvaise hygiène de vie faite de fastfood, de mensonges, d’avarice, de colère, de vengeance et d’autres éléments malvenues, est une calamité qui embourbe l’être humain dans un cercle vicieux : il détruit son propre corps et devient de moins en moins capable d’identifier les dégâts causés par ses choix. Pire encore, la dégradation progressive de son hygiène de vie est cachée par l’illusion d’une certaine forme de stabilité. Or l’être humain ne stagne pas, chaque jour est un pas qu’il effectue dans un sens ou dans l’autre : soit il progresse soit il régresse. Celui dont les habitudes sont désastreuses voit faiblir sa santé en même temps que sa conscience, sa lucidité et ses facultés cognitives jusqu’à rendre inaccessible toute possibilité de retour.

Ainsi, l’être humain doit prendre soin de lui, de son corps, de son alimentation, de son sommeil. Il doit également prendre soin des autres en pratiquant les bonnes actions, la bienveillance, l’empathie, la bonté, la patience et les bonnes intentions, ceci car, chaque acte qu’il commet et chaque pensée qu’il émet ont un impact sur son être, son équilibre et sa santé.

Le système digestif est le premier organe touché par la qualité du « bien continue » (par organe digestif nous désignons l’ensemble des organes de l’appareil digestif). C’est ici qu’apparaîtront prioritairement les maladies liées au déséquilibre de cette qualité. Le système digestif à la responsabilité d’assurer la digestion des aliments à partir de quoi le reste du corps va pouvoir s’approvisionner en énergie.

L’humeur modifie les facultés de digestion du système digestif et peuvent transformer une nourriture saine en véritable poison pour l’organisme. Mais au-delà de l’aspect purement mécanique de l’alimentation, l’être humain transforme aussi la matière qu’il ingère par ses états d’âme et ses émotions. Si l’être humain est plein d’amertume, cette amertume contaminera les aliments qui contamineront à leur tour le reste du corps.

A l’inverse assimiler la qualité du « bien continue », par le travail, l’assiduité et la répétition, purifie l’intention de l’être humain et son rapport avec le matériel, et cette bienveillance pérenne est transmise à l’alimentation qu’il ingère puis à l’ensemble des parties du corps.

Qualité 2/4 : Le surpassement
L’être humain est bâti pour faire face à toutes les situations de la vie, les difficultés comme le besoin ou l’affliction et les facilités comme l’aisance et la richesse. Ici-bas, tout est éphémère : ce que l’on possède aujourd’hui peut disparaître à tout moment et un malheur n’est que passager. L’être humain doit trouver son équilibre et prendre de la hauteur sur les événements de sa vie. Il ne doit pas se réjouir autre mesure de ce qu’il a, ni se blâmer pour ce qu’il ne possède pas.

La qualité du « surpassement » justement, invite l’être humain à enraciner cet état d’esprit. Celui qui progresse dans l’art de surpasser les obstacles (qu’il s’agisse d’une facilité ou d’une difficulté) s’affranchit des crispations intérieures liées aux évènements du quotidien. Il s'affranchit du stress, de l'angoisse, de l’anxiété et il se préserve des maladies psychiques ou psychiatriques qu’ils entraînent. Il ouvre son cœur à l'apaisement et à la plénitude, et profite pleinement des bienfaits naturels qu’il a précédemment appris à se réapproprier. Il se satisfait de ce qu’il a, il ne se plaint pas, n’est pas envieux, ni jaloux. Il s’affranchit également de la vanité, de l’orgueil et de l’arrogance, car il use de ce qu’il possède avec sagesse et détachement. Non l’aisance ne conduit pas à une vie de rêve, cette idée est un piège qui propulse l’individu à l’une ou l’autre des extrémités de la balance, le menaçant de chuter à tout moment. L’Homme réfléchi ne se laisse pas dominer par ce qu’il possède. Il sait qu’il est un être humain, comme les autres, et que sa richesse est proportionnelle au fardeau qu’il porte sur ses épaules.

C’est le système nerveux qui est le premier touché par une défaillance de cette qualité. Le système nerveux exerce un contrôle sur l’ensemble du corps : il a à sa charge de traiter et transmettre des informations à travers les différentes parties du corps, et assure une coordination entre les actions, qu’elles soient volontaires ou involontaires. Bien sûr, la qualité de cette gestion est fortement influencée par les états d’âme de l’individu et par l’état de la qualité du surpassement. Un individu stressé ou angoissé, affole et surmène son système nerveux. Ce surmenage se traduit par des palpitations cardiaques, des douleurs, des crispations, des insomnies et plus généralement par un enrayement des facultés spirituelles, cognitives et physiologiques naturelles de l’être humain. Celui qui subit les contraintes liées à son train de vie et à son quotidien traduit sa philosophie de vie par une ankylose patente qui parasite et dérègle son immunité.

En revanche, celui qui fait sien l’art de surpasser tous les obstacles de la vie n’est plus balloté au gré du vent. Il est apaisé et serein, et cet état d’esprit est transmis à l’ensemble des parties de son corps par un système nerveux apaisé et serein.

Qualité 3/4 : Dire et faire ce qui est vrai
Certes le bien n’est pas comme le mal et la vérité n’est pas comme le mensonge. L’être humain doit apprendre à garder la maîtrise de lui-même en toute circonstance et apprendre à agir avec clairvoyance pour préserver sa bouche des mensonges et ses mains des faits inconvenants. L’Homme peut décider d’ignorer ce que lui recommande son cœur ou de cacher la vérité à autrui, mais il ne peut pas se la cacher à lui-même. Chaque jour le met face à ses responsabilités et face à ses choix, et chaque décision qu’il prend au quotidien lui fait faire un pas dans une direction ou dans une autre.

L’Homme doit choisir de quoi il souhaite remplir son cœur. Le cœur est un récipient qui ne peut pas se remplir à la fois avec le mensonge et la vérité. Le cœur agit comme une sonnette d’alarme à chaque fois que l’individu est tenté ou qu’il succombe à quelque chose de malvenu. Mais à force de persistance, le mauvais fait contamine le cœur puis l’ensemble des organes du corps, et la sonnette d’alarme se fait de plus en plus discrète jusqu’à devenir inaudible.

Ainsi, le système cardiovasculaire dont fait partie le cœur est le premier touché par l’absence ou la dégradation de cette qualité. Le cœur est un organe totalement sous-estimé, souvent réduit à un aspect seulement de sa fonction mécanique à savoir : assurer la circulation du sang qui transporte l’oxygène, les nutriments et les déchets des différentes parties du corps. Or la Tradition nous renseigne sur d’autres aspects tout aussi primordiaux, hélas ignorés de la science moderne, mais que certains chercheurs isolés découvrent peu à peu. Notamment, le cœur possède son propre système nerveux fait de quelques 40000 neurones, et est capable à la fois de prendre des décisions, d’envoyer des messages au reste du corps, et d’apprendre. Également, le cœur communique avec les autres parties du corps par des messages qu’il transmet par l’intermédiaire du sang à chaque pulsation cardiaque. Nous irons plus loin en disant que le cœur est l’organe central du corps humain à l’origine de toutes les décisions importantes, et que les mauvais faits ou les mensonges le corrompent et que cette corruption est transmise en même temps que les décisions à l’ensemble du corps humain.

De fait, la morale et l’éthique ne sont pas à considérer comme indépendantes et sans intérêt dans la gestion de la santé d’un individu, ni même dans la question de la science d’ailleurs, mais elles jouent un rôle central, capital et fondamental dont les effets sont visibles jusqu’à l’échelle cellulaire. Choisir « de dire et de faire ce qui est vrai », c’est choisir une autre façon de prendre soin de soi, de son système immunitaire et de sa santé, le plus simplement du monde.

Qualité 4/4 : Perfection des sens
Il est communément admis dans la physiologie moderne que l’être humain possède 5 sens : la vue, l’odorat, le goût, l’ouïe et le toucher. Néanmoins ce nombre est sujet à débat dans les communautés scientifiques, et chacun l’appréciera différemment en fonction de la définition qu’il aura des « sens ».

L’Islam, quant à lui, définit non pas 5 sens mais 3 sens avec pour chacun un organe et une fonction précise :

  • Les oreilles pour entendre.
  • Les yeux pour voir.
  • Le cœur pour comprendre.

Hélas, chaque jour nous le démontre un peu plus : l’Homme moderne est sourd et aveugle. Il n’entend plus ni ne voit plus la détresse manifestée par chaque chose, à commencer par celle de son propre corps qui subit l’impact de son mode de vie délétère. Il n’entend plus ni ne voit plus les signaux d’alarmes qui l’alertent au quotidien sur des urgences à traiter, trop occupé qu’il est à courir après des choses futiles. Or si l’être humain est sourd et aveugle, comment sera-t-il en mesure d’affronter le quotidien ? Combien de mauvaises décisions prend-t-il chaque jour du fait de ce manque de clairvoyance ?

Les qualités précédentes furent l’occasion de redécouvrir peu à peu certains aspects de la nature humaine qui demandent du soin et de l’attention. L’être humain recouvre la vue et l’ouïe en posant son regard sur des composants de sa vie qu’il avait jusque-là négligés. Il élimine peu à peu le brouillard des passions et se reconnecte avec la réalité des choses. Chacun comprendra la maladie différemment, maintenant qu’il ne la considère plus comme une entrave mais comme une façon de s’accomplir.

Contrairement à ce que nous enseigne le paradigme actuel, le raisonnement, nous dit la Tradition, est une tâche qui incombe au cœur. Le cerveau quant à lui a un rôle d’analyse secondaire qui en fait une extension parfaite comme nous allons le voir. Si un individu consacre son énergie au développement de son cerveau, au détriment du développement de son cœur, il sera pourvu d’une mécanique d’analyse privée de la lucidité. En plus de surmener son cerveau en lui demandant de s’acquitter d’une tâche qui n’est pas la sienne, il se retrouvera désarmé dans la gestion de son quotidien. Concrètement, il sera conditionné à agir machinalement sans être capable de mettre en balance le bienfondé de ses choix. Voyons cela plus en détail.

Le cerveau est le principal organe du système nerveux, il fascine tant les chercheurs que le grand public qui le considèrent, pour la plupart, comme la clé de tous les mystères. Il existe de nombreuses méthodes pour appréhender le cerveau et ses diverses fonctions. La théorie du cerveau triunique est une de ces méthodes, elle permet, entre autre, de mettre en évidence la relation qui lie le cœur au cerveau et de distinguer le cerveau archaïque, du système limbique (nous omettons volontairement le néocortex). Chaque fois qu’un individu reçoit une information, cette information passe successivement par le cerveau archaïque, par le système limbique et par le cœur afin d’être analysée puis acceptée ou rejetée.

Le cerveau archaïque s’occupe des fonctions vitales et prioritaires. Si le corps est dans une situation critique, les informations perçues n’iront pas au-delà du cerveau archaïque car ce dernier optimise l’énergie disponible pour gérer cette situation de manière spontané. Par exemple, lors d’un malaise, un individu n’est plus apte à entendre les paroles qu’on lui adresse, car son corps réquisitionne toute son attention pour traiter l’urgence.

L’information arrive ensuite au niveau du système limbique. Le système limbique se développe principalement à l’enfance, entre 7 et 14 ans, en même temps que se développe la conscience intérieure de l’enfant. Pour que se produise la neurogenèse du système limbique, il doit être stimulé par une activité religieuse et spirituelle. Si cette stimulation n’a pas lieu pendant l’enfance, le système limbique subira une atrophie prématurée et n’arrivera pas à maturité. L’activité religieuse va inculquer les bases à l’enfant, le socle initial qui lui permettra de développer son bon sens, sa lucidité et sa grille de lecture sur le monde. Elle plante les graines qui le préparent et le prédisposent aux mécanismes de la dimension intérieure. Le système limbique agit ensuite comme une sentinelle : lorsque lui parvient une information, il va l’accepter ou la refuser, en fonction de la nature bienveillante ou malveillante de cette information. Par exemple, un acte malveillant tel que le mensonge ou le vol sera rejeter par le système limbique qui enverra un signal fort au cœur, dernier décisionnaire dans la chaîne de l’analyse du traitement de l’information. Si le système limbique est hypoplasique, c’est-à-dire qu’il n’est pas arrivé à maturité, l’individu aura un cœur privé d’une de ses sentinelles et sera incapable de gérer convenablement les évènements du quotidien. Mais par un travail quotidien et par différents appuis extérieurs, le développement du cœur lui permettra de prendre à sa charge cette partie du travail du système limbique, jusqu’à ce qu’il devienne parfaitement autonome. Se faisant, il ouvre la dernière porte de la prévention faisant de son système immunitaire élémentaire un rempart infranchissable.

Pour résumer et élargir ce sujet :

  • La mécanique du cerveau associée au travail du corps prédispose au matérialisme et au mercantilisme : c’est le développement de l’externe au détriment de l’interne.
  • La lucidité du cœur associée au travail du corps seul prédispose à la spiritualité, à la sagesse et à l’ascétisme : c’est le développement de l’interne au détriment de l’externe.
  • La lucidité du cœur associée à la mécanique du cerveau et au travail du corps donne l’équilibre parfait de l’organisme et la guidance des émotions. C’est l’art de vivre le quotidien en concordance avec le temps dans lequel nous vivons.

 

Avec les 4 soulouk ou 4 qualités de la maladie, chacun mesure peu à peu l’impact de son mode de vie sur sa santé et sur sa capacité de prévention. Certes la maladie est une épreuve, mais la façon dont on la considère peut en faire un tremplin ou un poison. L’être humain doit sortir de la passivité destructrice dans laquelle il s’enlise. Il doit prendre ses responsabilités en mesurant la portée de chacun de ses choix au quotidien.

En recentrant notre regard sur la vie et sur nous-mêmes dans une démarche introspective, nous découvrons comment la maladie nous parle et nous invite à nous réapproprier ce que nous avons délaissé.

Immunité et guérison

Dieu dit :

« وَإِذَا مَرِضْتُ فَهُوَ يَشْفِينِ »
« Quand je suis malade c’est Lui qui me guérit »
Le Coran sourate 26 verset 80

Le système immunitaire élémentaire est composé de deux parties distinctes : la première concerne la maladie et la deuxième concerne la guérison.

Etudier et analyser la deuxième partie permet de comprendre les mécanismes de la guérison. L’être humain possède naturellement, en lui-même, le potentiel de guérir de toutes les maladies. Si une maladie persiste, ce sera le signal qu’une partie de ce potentiel n’est pas développé ou bien qu’il est fragile.

La maladie n’est pas le fruit du hasard, mais elle agit comme un signal d’alarme pour attirer notre attention sur une chose attendue, un comportement ou un élément de notre quotidien qui doit changer. Avec les mécanismes de la guérison, chacun comprend certains aspects de lui-même sur lesquels il doit travailler pour faire de demain un jour meilleur qu’aujourd’hui.

Avec la science des lettres et des lumières, nous pouvons extraire du Coran le mot clé sacré « guérison ». Chaque lettre du Texte Saint, en arabe coranique, agit comme un projecteur sur une qualité attendue des hommes et des femmes, et cet éclairage nous permet d’établir une explication sûre et hors de polémique du vivant et plus particulièrement ici des mécanismes de la guérison.

La guérison repose sur 5 soulouk ou 5 qualités que doivent travailler hommes et femmes s’ils souhaitent développer leurs facultés d’autoguérison naturellement présentes en eux-mêmes. Il est recommandé d’établir un diagnostic de l’état de ces qualités chez un patient avant une consultation par un professionnel de santé, afin de connaître ses dispositions à entreprendre un processus de guérison.

Attention : l’ordre des qualités est important. Par exemple, la qualité n°2 ne peut être présente chez un individu que si la qualité n°1 est déjà solidement établie dans ses habitudes. En ce sens, la qualité n°2 est à considérer comme érigée dans le prolongement de la qualité n°1.

Qualité 1/5 : La peur de Dieu, la peur positive
La peur de Dieu est une peur positive, chaleureuse et réconfortante car elle annihile toutes les autres peurs (peurs négatives). La peur négative se manifeste de différentes façons : tremblements, hausse de la fréquence cardiaque, perturbation du rythme respiratoire. Les conséquences sont une crispation et une contraction du corps humain qui enrayent toute la mécanique physiologique, psychologique et spirituelle de l’individu. Elles entraînent surtout une incapacité à mobiliser ses facultés de défenses et sabotent tout processus de guérison.

A l’inverse, la peur positive (nourrit par une confiance absolue en Dieu et en le bienfondé de ce qui se présente à soi) réduit à néant toutes formes de peurs négatives. Elle se manifeste par l’apaisement, l’aisance et la paix intérieure. Elle génère une énergie positive qui active et mobilise les facultés de défenses naturelles et ouvre ainsi la première porte de la guérison.

Cette première qualité est capitale à une époque où la maladie fait peur plus que jamais. En effet, dans nos sociétés modernes où hommes et femmes ont un moral déjà fragile, la psychose malsaine et irréfléchie entretenue autour de la maladie l’a transformée en épée de Damoclès : elle effraie, tétanise, et bascule la vie des uns et des autres dans un cauchemar imaginaire. S’affranchir de cette psychose destructrice est la condition sine qua non pour permettre au vivant de libérer son plein pouvoir de guérison.

Qualité 2/5 : La force dans le resserrement
La peur positive génère une énergie positive dans le cœur qui doit être canalisée et contrôlée pour être efficace. L’être humain doit apprendre à garder la maîtrise de lui-même pour ne pas dépenser cette énergie dans les choses futiles ou malvenues qui risqueraient de la gaspiller ou de la corrompre. C’est justement l’objectif de cette deuxième qualité qui invite l’être humain à enraciner de bons réflexes de vie pour qu’il ne se laisse pas entraîner ou distraire par des éléments stériles et indésirables.

Par des exercices répétés et de l’assiduité, il apprendra à développer un frein pour ne pas agir au-delà du nécessaire dans ses affaires quotidiennes. A titre d’exemple, celui qui jeûne régulièrement développe un frein face à la nourriture qu’il pourra ensuite solliciter au besoin, lorsque se présentera la tentation. Chacun doit apprendre à développer cette retenue, qui met en balance ce que l’individu souhaite pour lui-même et ce que lui réclame son être, jusqu’à ce qu’elle devienne un réflexe imprégné dans chaque membre du corps. La deuxième porte de la guérison dépend donc de notre faculté à nous arrêter là où il faut, au moment où il le faut, dans nos activités quotidiennes, de manière naturelle et automatique pour préserver nos énergies positives des choses malvenues.

Celui qui n’a pas cette qualité agit avec dispersion et négligence. Il a des difficultés à rester concentrer, à maintenir son attention ou à fournir un effort mental. Il a également tendance à agir de manière impulsive et distraite, il se laisse entraîner facilement et éprouve des difficultés à se débarrasser de ses mauvaises habitudes. En bref, son quotidien est épouvantable. Il gaspille ses précieuses forces et se condamne lui-même à chaque écart qu’il commet.

Qualité 3/5 : Le port des sciences
La qualité précédente conduit l’individu à un art de vivre équilibré, dépouillé des mauvaises habitudes et des mauvaises décisions qui affectent sa santé. Elle le conduit naturellement à la clairvoyance et à la lucidité vis-à-vis des éléments avec lesquels il interagit au quotidien : il acquiert de la science et du savoir sur chaque chose qui compose l’univers et apprend à distinguer intuitivement leurs rôles et les effets qu’ils ont sur son bien-être.

Ainsi d’un point de vu traditionnel, le port des sciences n’implique pas nécessairement une acquisition de savoir théorique (dû à des études ou des formations). Il n’implique pas non plus de savoir lire ou écrire. La science véritable est cette même science que Dieu a insufflé à Adam quand Il lui a donné la connaissance de chaque chose, c’est-à-dire la connaissance de leurs caractéristiques et de leurs utilités, sans que celui-ci n’ai eu besoin de suivre un cursus particulier. C’est pourquoi au regard de la Tradition, un sage illettré est infiniment plus savant qu’un triple docteur déconnecté du réel.

L’être humain acquiert de cette science véritable, dont il devient le dépositaire et le responsable, à mesure qu’il réforme son quotidien et qu’il éclaire son regard sur la vie. Mais ce n’est pas suffisant. La science véritable est à l’image des graines que l’on sème pour obtenir de nouvelles fleurs. L’être humain doit donner pour recevoir. L’enjeu de la qualité du port des sciences est donc de transmettre à autrui cette science que l’être humain a reçu, car se faisant, la Vérité lui inspire la science qu’il ne connaît pas encore. Il élargit alors sa compréhension du vivant, sa maîtrise de lui-même et améliore progressivement son hygiène de vie et son système immunitaire élémentaire.

Qualité 4/5 : La peur de Dieu, la peur positive
Cette transmission de la science met l’Homme face à ses responsabilités, et l’invite à agir avec sagesse et minutie. La peur positive intervient à nouveau ici pour encadrer cette transmission, en poussant l’Homme à toujours interroger sa sincérité et ses intentions profondes.

Qualité 5/5 : La réjouissance
La dernière qualité est la réjouissance qui vient couronner cette progression. L’être humain a retrouvé la maîtrise de lui-même, la maîtrise de ses émotions et il a concrétisé ses objectifs en réformant son quotidien petit à petit. Il vit maintenant débarrassé des soucis et des tracas. Il se réjouit de chaque chose et les considère comme étant un cadeau de Dieu. Il accepte sa condition, sa situation, ses facilités comme ses difficultés, et il trouve de la satisfaction et de la joie dans tous les aspects de sa vie.

Comme pour les qualités citées précédemment, la réjouissance est un état de bien-être qui dépend intégralement du bon vouloir de l’individu. Cet état exerce une puissante influence sur le corps qui améliore considérablement la qualité de sa santé. La science moderne le découvre peu à peu : l’optimisme, la pensée positive, la joie, le bonheur agissent significativement sur la physiologie de l’être humain, son système immunitaire et sa capacité d’autoguérison.

Dans le cadre de la thérapeutique élémentaire, la réjouissance intervient en 5ème place dans le processus de guérison, non pas qu’elle soit moins intéressante ou moins importante mais certains prérequis sont nécessaires pour lui permettre de libérer son potentiel de guérison. Maintenant qu’il a progressé, l’être humain peut libérer ce potentiel dans chacune de ses cellules, dans chacun de ses membres, dans chaque partie de son être.

Avec les 5 soulouk ou les 5 qualités de la guérison, l’être humain apprend à travailler de pair avec chaque élément qui le compose. Il ouvre ses sens, transforme le regard qu’il a sur la vie et découvre certains aspects de lui-même qu’il ignorait. Il comprend surtout que la guérison implique de sa part d’être acteur, et non pas un simple spectateur qui subit, impuissant, les aléas de la vie. Son être tout entier est vivant et réclame de l’attention et du soin.

La guérison, comme la maladie, est une école de la vie. Elle met l’Homme face à ses responsabilités et l’invite à reprendre en main les clés de son destin pour sortir urgemment de cette passivité stérile vide de sens.

 

Les 6 méthodes de la guérison

Les deux parties précédentes « immunité et prévention » et « immunité et guérison » furent l’occasion d’approfondir une méthode visant à développer le système immunitaire élémentaire de chacun. Cette méthode fut l’objet d’un travail particulier car elle est la plus adaptée pour répondre aux problématiques de santé de notre temps : elle est efficace, accessible immédiatement à toutes et à tous et ne nécessite aucun moyen matériel.

Cette méthode est une méthode parmi 6 méthodes de guérison précises, chacune s’inscrivant dans le prolongement de celle qui la précède comme nous allons le voir. Chaque méthode apporte un type de guérison précis correspondant à un type de maladie précis, et nous verrons que la définition moderne de la maladie ne correspond pas nécessairement à la définition traditionnelle. Certaines de ces méthodes imposent certaines conditions pour être utilisées, comme énoncé ci-dessous :

  • Les deux premières méthodes sont accessibles à tous sans distinction de croyance ou de foi.
  • La troisième méthode ne peut être investie que dans le cadre de la relation explicite et assumée qu’entretient un individu avec Dieu. Elle est donc à destination des croyants sans distinction de foi.
  • Les trois dernières méthodes sont exclusivement à destination des musulmans.

Les 4 dernières méthodes sont présentées à titre d’information uniquement et seront développer ultérieurement.

 

Médicaments naturels et pharmacologie

Condition : accessible à tous.

La première méthode de guérison concerne les médicaments naturels. Ils sont à destination de tous sans distinction de croyance ou de foi, et nécessite un professionnel de la santé qui maîtrise à la fois la matière qu’il manipule, son chémotype, et certains aspects de lui-même qui impacteront cette matière.

Dieu dit :

وَأَوْحَىٰ رَبُّكَ إِلَى النَّحْلِ أَنِ اتَّخِذِي مِنَ الْجِبَالِ بُيُوتًا وَمِنَ الشَّجَرِ وَمِمَّا يَعْرِشُونَ »
« ثُمَّ كُلِي مِنْ كُلِّ الثَّمَرَاتِ فَاسْلُكِي سُبُلَ رَبِّكِ ذُلُلًا ۚ يَخْرُجُ مِنْ بُطُونِهَا شَرَابٌ مُخْتَلِفٌ أَلْوَانُهُ فِيهِ شِفَاءٌ لِلنَّاسِ ۗ إِنَّ فِي ذَٰلِكَ لَآيَةً لِقَوْمٍ يَتَفَكَّرُونَ
« Ton Seigneur a révélé à l’abeille : « Prends demeure dans les montages, dans les arbres et dans ce que les Hommes aménagent. Puis mange de tous les fruits et suis docilement les sentiers de ton Seigneur » De leur ventre sort une liqueur diaprée en laquelle se trouve une guérison pour les Hommes. »
Le Coran sourate 16 versets 68 et 69

L’être humain est proche de la terre, celle-ci est composée des mêmes minéraux que ceux naturellement présents dans son propre corps. Il est plus particulièrement rattaché à la terre sur lequel il vit. Tous deux partagent le même soleil, le même climat, les mêmes conditions environnementales, les mêmes conditions de vie, le même rythme des saisons.

Plantes médicinales et herboristerie :
La terre fait le tri dans ce qu’elle possède, sous l’effet de son milieu de vie, et donne naissance à une myriade d’éléments vivants aux particularités aussi diverses que variées, mais caractéristiques de ces conditions qui ont permis leur croissance. Parmi ces éléments vivants on retrouve notamment les plantes, les fleurs et les arbres qui sont ainsi mis gratuitement à la disposition des Hommes.

L’Homme n’a pas besoin de parcourir le monde pour trouver la solution à ses problèmes, la terre qu’il foule du pied produit déjà les éléments les plus adaptés à ses besoins. Il apprend alors à user de ces éléments vivants issus de la terre à bon escient. Il apprend à connaître les vertus et les principes actifs de chaque plante qu’il peut ensuite utiliser telle quelle, sous forme d’infusion, de vapeur, de fumée ou d’huile, pour en récolter les bienfaits. Quelle que soit la forme, la plante garde ses propriétés. Le thym, par exemple, est antiviral, anti-infectieux et antiseptique sous toutes ses formes. La coriandre, quant à elle, est antioxydante, antibactérienne, antivirale et antifongique. La France regroupe ainsi environ 6000 espèces de plantes et la terre plus de de 400 000. Rares sont les plantes, les fruits ou les légumes ayant vocation à être utilisés universellement par l’ensemble des êtres humains. Cette question sera traitée précisément dans le chapitre sur la nutrition élémentaire.

Domestication des plantes et des abeilles :
L’être humain qui maîtrise les vertus des plantes, doit ensuite maîtriser la production de miel. L’abeille suit un protocole précis et scrupuleux pour produire du miel à partir du nectar récolté en butinant les fleurs. Le miel ainsi produit sera un concentré des propriétés de la plante qu’elle aura butinée.

L’Homme apprend à domestiquer les abeilles, pour produire du miel non pas à des fins alimentaires ou gustatives, mais à des fins médicales. Pour cela il va organiser ses cultures en usant de ses connaissances sur les plantes pour orienter les abeilles à produire le miel qu’il recherche.

Chaque miel a des propriétés différentes caractéristiques de la plante utilisée par les abeilles. C’est ce qui donne au miel ces différences de couleurs, de textures et de goûts. Chaque miel obtenu sera un remède répondant à une ou plusieurs maladies spécifiques.

Les élixirs :
L’être humain qui maîtrise les propriétés des plantes et qui maîtrise ses cultures peut enfin étudier le processus de fabrication du miel. C’est au pharmacien de définir les étapes du protocole suivit par les abeilles pour ensuite apprendre à le reproduire dans son laboratoire. L’abeille accomplit un travail remarquable qui laisse entrevoir le potentiel de l’Homme, en tout point supérieur à l’insecte. C’est-à-dire qu’il va apprendre à sublimer le travail des abeilles pour produire la quintessence des médicaments à partir de ses connaissances des plantes et de la vie.

Le pharmacien :
La thérapeutique élémentaire insiste lourdement sur l’importance de la vie et du vivant en tant que composant fondamental qui intervient et influence tout processus de guérison ou de fabrication de médicaments. On distingue de cette façon le chimiste qui traite la matière de manière impersonnelle de l’alchimiste qui est partie prenante dans ce travail.

Le pharmacien traditionnel est le professionnel de la santé qui s’occupe de préparer les médicaments. Il doit avoir une parfaite maîtrise des 3 niveaux d’utilisations et de fabrication des médicaments présentés précédemment et doit suivre une formation scrupuleuse visant à polir son caractère. En effet, un pharmacien ne saurait préparer un remède s’il n’est pas lui-même un remède pour la matière qu’il manipule.

4 soulouk ou qualités sont requises pour le pharmacien qui souhaite être apte à préparer de véritables médicaments :

Qualité 1/4 : Accepter et obéir à l’ordre de Dieu
Dieu a créé chaque chose avec Science et Sagesse. Le pharmacien traditionnel travaille une matière qui reflète les Lois instaurées par son Créateur. Il apprend à respecter cette matière, la nature et les lois naturelles qui préservent et protègent son intégrité. En effet, cette matière n’est pas un jouet dont il peut user et abuser à sa guise, mais un élément vivant qui demande du soin et de la bienveillance pour libérer le plein potentiel de ses propriétés.

Qualité 2/4 : Le désintérêt pour soi-même et pour les passions
Pour être en phase avec son travail, le pharmacien doit agir avec retenue et humilité. Il travaille une matière pour en faire un remède, c’est une tâche lourde dont les conséquences peuvent être dramatiques s’il ne mesure pas la portée de ses actes. Le pharmacien effectue son travail sans arrière-pensée, sans arrogance, sans intention malvenue qui viendrait polluer inutilement sa matière première très sensible à l’intention qu’il émet. Il ne travaille pas pour la richesse, ni pour la gloire, ni pour le pouvoir, mais par conviction, abnégation et dévouement.

Qualité 3/4 : La miséricorde
Par essence, le travail avec le vivant demande de la bienveillance et de l’empathie. Le pharmacien effectue son travail comme s’il travaillait sur lui-même, ou sur un être cher à ses yeux.

Qualité 4/4 : La peur de Dieu, la peur positive
La peur de Dieu est une peur positive, chaleureuse et réconfortante car elle annihile toutes les autres peurs. Le pharmacien rigoureux dans son travail et dans le rapport qu’il entretient avec le vivant, agit avec scrupule et perfectionnisme. Il est dans un effort constant et repousse sans cesse ses limites.

 

Immunité élémentaire

Condition : accessible à tous.

La deuxième méthode de guérison est celle que nous avons vu dans les chapitres « immunité et prévention » et « immunité et guérison ». Elle s’intéresse aux maladies du corps et du cœur.

Dieu dit :

« وَإِذَا مَرِضْتُ فَهُوَ يَشْفِينِ »
« Quand je suis malade c’est Lui qui me guérit »
Le Coran sourate 26 verset 80

Un individu doit apprendre à développer son système immunitaire élémentaire pour renforcer ses défenses et son autoguérison. Pour plus de détails se référer aux chapitres précédents.

 

Les 4 guérisons du coeur

Les quatre dernières méthodes de guérison visent à guérir certaines maladies du cœur. Se référer aux chapitres précédents pour comprendre le rôle du cœur dans l’équilibre de l’être humain.

L’orientation du cœur et la miséricorde

Condition : à destination des croyants sans distinction de foi ou de confession

Dieu dit :

« يَا أَيُّهَا النَّاسُ قَدْ جَاءَتْكُمْ مَوْعِظَةٌ مِنْ رَبِّكُمْ وَشِفَاءٌ لِمَا فِي الصُّدُورِ وَهُدًى وَرَحْمَةٌ لِلْمُؤْمِنِينَ »
« O Hommes ! Il vous est déjà parvenu une exhortation de votre Seigneur, une guérison pour les cœurs malades, une Guidance et une Miséricorde pour les croyants. »
Le Coran sourate 10 verset 57

La troisième méthode de guérison vise l’affranchissement de maladies psychologiques et spirituelles subtiles qui touchent le cœur et privent l’individu de la guidance et de la miséricorde. Parce qu’un cœur touché par les émotions négatives ne peut pas s’orienter correctement ni s’ouvrir à la miséricorde.

 

La miséricorde complète

Condition : à destination des musulmans

Dieu dit :

« وَنُنَزِّلُ مِنَ الْقُرْآنِ مَا هُوَ شِفَاءٌ وَرَحْمَةٌ لِلْمُؤْمِنِينَ ۙ وَلَا يَزِيدُ الظَّالِمِينَ إِلَّا خَسَارًا »
« Nous faisons descendre avec le Coran ce qui est une guérison et une miséricorde pour les croyants […] »
Le Coran sourate 17 verset 82

La quatrième méthode de guérison s’inscrit dans le prolongement de la troisième en touchant à des maladies subtiles du cœur. Il s’agit ici pour le croyant d’accéder à la miséricorde complète qui va le conduire peu à peu à la lucidité complète.

 

La lucidité complète

Condition : à destination des musulmans

Dieu dit :

« وَلَوْ جَعَلْنَاهُ قُرْآنًا أَعْجَمِيًّا لَقَالُوا لَوْلَا فُصِّلَتْ آيَاتُهُ ۖ أَأَعْجَمِيٌّ وَعَرَبِيٌّ ۗ قُلْ هُوَ لِلَّذِينَ آمَنُوا هُدًى وَشِفَاءٌ ۖ وَالَّذِينَ لَا يُؤْمِنُونَ فِي آذَانِهِمْ وَقْرٌ وَهُوَ عَلَيْهِمْ عَمًى ۚ أُولَٰئِكَ يُنَادَوْنَ مِنْ مَكَانٍ بَعِيدٍ »
« Il est pour les croyants une guidance et une guérison. Ceux qui ne croient pas ont les oreilles bouchées et sont atteints de cécité comme si on les appelait de très loin. »
Le Coran sourate 41 verset 44

La cinquième méthode de guérison est un approfondissement de « la perfection des sens », abordée dans le chapitre « immunité et prévention ». Il s’agit pour l’être humain de s’affranchir de certaines entraves qui l’empêchent de saisir des données subtiles murmurées par son environnement immédiat et son quotidien.

 

La guérison complète

Condition : à destination des musulmans

Dieu dit :

قَاتِلُوهُمْ يُعَذِّبْهُمُ اللَّهُ بِأَيْدِيكُمْ وَيُخْزِهِمْ وَيَنْصُرْكُمْ عَلَيْهِمْ وَيَشْفِ صُدُورَ قَوْمٍ مُؤْمِنِينَ »
« وَيُذْهِبْ غَيْظَ قُلُوبِهِمْ ۗ وَيَتُوبُ اللَّهُ عَلَىٰ مَنْ يَشَاءُ ۗ وَاللَّهُ عَلِيمٌ حَكِيمٌ
« Il guérira la poitrine des croyants et Il bannira la colère de leur cœur. »
Le Coran sourate 9 versets 14 et 15

La sixième et dernière méthode de guérison conduit à la pureté du cœur et à la pureté de l’intention. Il s’agit de bannir définitivement les dernières saletés qui touchent le cœur, et par extension, le corps tout entier.

Commentaires (1)

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de dominique Jeudi 15 octobre 2020 à 12h08
c'est un travail considérable d'études et de réflexions ..quelle chance avons nous ,de pouvoir bénéficier d'une telle intelligence et d'une telle sagesse ...merci Julien ...que Dieu te protège et te bénisse ...Amin